Un matin, vous consultez votre relevé bancaire et vous repérez un débit de 108 euros. Le libellé est court, parfois cryptique. Aucun souvenir d’un achat à ce montant. Avant de paniquer, sachez que ce prélèvement bancaire de 108 euros correspond dans la grande majorité des cas à une mensualité d’impôt local prélevée par la DGFiP. Reste au vérifier, et surtout à comprendre d’où vient ce montant précis.
Pourquoi un prélèvement DGFiP de 108 euros sur votre compte
Le sigle DGFiP désigne la Direction générale des finances publiques, l’administration qui collecte vos impôts. Quand vous choisissez la mensualisation pour payer votre taxe foncière, le montant annuel est divisé en dix prélèvements, de janvier à octobre.
La taxe foncière moyenne a augmenté ces dernières années. Elle est passée d’environ 1 034 euros en 2023 à 1 074 euros en 2024, avec une estimation proche de 1 088 euros pour 2025. Divisez 1 088 euros par dix et vous obtenez environ 108 euros par mois. Ce n’est pas une coïncidence : la hausse progressive des impôts locaux a tiré les mensualités vers ce palier.
Ce prélèvement peut aussi correspondre à la taxe d’habitation sur une résidence secondaire ou, plus rarement, à un acompte de prélèvement à la source sur des revenus fonciers. Le point commun reste le même : c’est un prélèvement SEPA émis par la DGFiP, autorisé par un mandat que vous avez signé lors de votre adhésion à la mensualisation.
Retrouver ce prélèvement bancaire dans votre espace impots.gouv.fr
Votre banque affiche un libellé raccourci qui ne dit pas grand-chose. Pour identifier la nature exacte du débit, c’est sur le site des impôts qu’il faut aller chercher.
Accéder à l’historique des prélèvements
Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Dans le menu, ouvrez le service « Gérer mon prélèvement à la source », puis cliquez sur « Consulter l’historique de tous vos prélèvements ». Vous y trouverez chaque prélèvement effectué, avec le nom du collecteur, le taux appliqué et la base de calcul.
Pour la taxe foncière ou la taxe d’habitation, rendez-vous plutôt dans la rubrique « Paiements » de votre espace. Vous y verrez l’échéancier de mensualisation, avec les montants prélevés mois par mois et les coordonnées bancaires utilisées.

Ce que vous devez vérifier concrètement
- Le montant affiché sur impots.gouv.fr correspond-il exactement aux 108 euros débités sur votre compte ? Un écart, même d’un euro, mérite attention.
- Le numéro de mandat SEPA (référence unique de prélèvement) visible dans votre espace bancaire est-il le même que celui indiqué par la DGFiP ?
- La date du prélèvement coïncide-t-elle avec l’échéancier de mensualisation affiché dans votre espace fiscal ?
Si ces trois points concordent, le prélèvement est légitime. Vous pouvez souffler.
Identifier un prélèvement de 108 euros qui ne vient pas des impôts
Tous les débits de 108 euros ne sont pas fiscaux. Un abonnement, une assurance ou un crédit à la consommation peuvent générer un montant identique. Vous avez déjà remarqué que certains libellés bancaires sont tronqués au point d’être illisibles ?
Commencez par votre application bancaire. La plupart des banques en ligne permettent de cliquer sur un prélèvement pour afficher le créancier SEPA complet : raison sociale, identifiant créancier SEPA (ICS) et référence unique de mandat. Ces informations suffisent généralement à identifier l’émetteur.
Si le créancier ne vous dit rien, tapez son identifiant ICS dans un moteur de recherche. Ce code est attribué par la Banque de France et identifie de façon unique chaque organisme autorisé à émettre des prélèvements SEPA en France.
Contester un prélèvement bancaire SEPA non reconnu
Vous avez vérifié votre espace fiscal, inspecté le détail du prélèvement dans votre banque, et rien ne correspond. Ce débit de 108 euros reste inexpliqué. Voici la marche à suivre, et les délais sont stricts.
- Prélèvement autorisé par un mandat existant : vous disposez de 8 semaines à compter de la date du débit pour demander un remboursement à votre banque, sans avoir à fournir de justification particulière.
- Prélèvement non autorisé (aucun mandat signé ou fraude) : le délai de contestation monte à 13 mois après la date du débit. La banque doit alors vous rembourser.
- Dans les deux cas, la demande se fait auprès de votre banque, en agence ou via votre espace client en ligne. Un courrier recommandé reste utile pour garder une trace.
La différence entre ces deux situations est déterminante. Si vous avez un mandat de mensualisation actif auprès de la DGFiP mais que le montant vous semble erroné, la contestation passe d’abord par l’administration fiscale, pas par la banque.
Variation du montant et ajustement de mensualisation
Un prélèvement de 108 euros en janvier peut devenir 112 euros en novembre. La mensualisation de la taxe foncière repose sur le montant de l’année précédente, divisé en dix. Si la taxe réelle dépasse la somme des dix mensualités, un onzième prélèvement d’ajustement intervient en novembre. Ce complément surprend souvent.
À l’inverse, si vous avez trop payé, l’administration fiscale procède à un remboursement, généralement en fin d’année. Ce virement porte le libellé « DGFiP » sur votre relevé, mais cette fois en crédit.
Vous pouvez modifier vos mensualités directement depuis votre espace sécurisé sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mes contrats de prélèvement ». La modification prend effet le mois suivant. C’est aussi là que vous pouvez résilier la mensualisation ou changer de compte bancaire pour les prélèvements.

Un prélèvement bancaire de 108 euros qui apparaît chaque mois sur votre relevé correspond le plus souvent à une mensualité de taxe foncière prélevée par la DGFiP. La vérification prend quelques minutes sur impots.gouv.fr. Si le débit ne figure ni dans votre espace fiscal ni dans vos mandats SEPA actifs, contactez votre banque dans les 8 semaines pour un prélèvement autorisé, ou dans les 13 mois s’il s’agit d’un prélèvement que vous n’avez jamais validé.

