Le bordereau de situation des amendes et condamnations pécuniaires (BSACP) revient régulièrement dans les discussions entre vendeurs de véhicules d’occasion. Ce document, distinct du certificat de situation administrative, récapitule l’ensemble des amendes payées et dues rattachées à une immatriculation. La confusion entre ces deux pièces administratives provoque des blocages lors de la cession, parfois sans que le vendeur comprenne l’origine du problème.
BSACP et certificat de situation administrative : deux documents, deux fonctions
Le certificat de situation administrative (CSA), souvent appelé certificat de non-gage, atteste qu’aucun gage ni aucune opposition n’empêche le transfert de propriété du véhicule. C’est le document légalement obligatoire pour toute vente de véhicule d’occasion immatriculé en France. Le CSA doit dater de moins de 15 jours au moment de la cession.
Le bordereau de situation des amendes (BSACP) joue un rôle différent. Il sert de récapitulatif de toutes les amendes et condamnations pécuniaires enregistrées auprès du Trésor public pour un véhicule donné. Il peut être utilisé comme pièce justificative en cas de contestation, de régularisation ou de signalement d’usurpation de plaques.
| Critère | Certificat de situation administrative (CSA) | Bordereau de situation des amendes (BSACP) |
|---|---|---|
| Caractère obligatoire pour la vente | Oui, exigé par la loi | Non, pas requis pour la cession |
| Contenu principal | Gage et opposition au transfert | Récapitulatif des amendes payées et dues |
| Organisme émetteur | Ministère de l’Intérieur (via ANTS ou Histovec) | Trésor public |
| Demande en ligne | Oui (ANTS, Service-Public, Histovec) | Auprès de la trésorerie compétente |
| Validité | Moins de 15 jours à la date de cession | Pas de durée de validité réglementaire pour la vente |
| Usage courant | Vente, cession gratuite, mise à la casse | Contestation d’amendes, régularisation, usurpation |

Opposition au transfert du certificat d’immatriculation : le vrai blocage lié aux amendes
Le BSACP n’est pas obligatoire pour vendre un véhicule. En revanche, les amendes impayées peuvent provoquer un blocage bien réel par un autre mécanisme : l’opposition au transfert du certificat d’immatriculation.
Lorsqu’un propriétaire accumule des amendes non réglées, le Trésor public peut inscrire une opposition sur le fichier du véhicule. Cette mention apparaît alors sur le CSA. Tant qu’elle figure, la vente est juridiquement impossible : l’acheteur ne pourra pas obtenir un nouveau certificat d’immatriculation à son nom.
Mainlevée d’opposition et rôle du Trésor public
Pour débloquer la situation, le vendeur doit obtenir une mainlevée. La procédure passe par le règlement intégral des amendes dues auprès du Trésor public, ou par une décision du juge de l’exécution dans certains cas.
Une fois la mainlevée accordée, le Trésor public transmet l’information au système d’immatriculation. Le délai de mise à jour peut varier, ce qui explique que certains vendeurs se retrouvent bloqués temporairement même après avoir payé.
- L’opposition bloque la délivrance d’un nouveau certificat d’immatriculation, pas seulement la vente elle-même
- Le CSA mentionne l’existence de l’opposition, mais ne détaille pas les amendes concernées
- Le BSACP peut servir de pièce justificative pour identifier précisément les amendes à régulariser
Quand demander un bordereau de situation amendes avant la vente
Le BSACP n’est pas exigé dans le dossier de cession. Les quatre documents obligatoires restent la carte grise barrée, le certificat de cession (Cerfa 15776), le certificat de situation administrative et le procès-verbal de contrôle technique (pour les véhicules concernés).
Le BSACP devient utile dans des situations précises où le vendeur soupçonne un problème lié aux amendes sans pouvoir l’identifier clairement via le CSA.
Trois cas où le BSACP clarifie la situation
Le premier cas concerne l’usurpation de plaques d’immatriculation. Un véhicule peut se retrouver avec des amendes qui ne correspondent à aucun déplacement du propriétaire. Le bordereau permet alors de lister les infractions enregistrées et de les contester une par une auprès de l’administration.
Le deuxième cas vise les successions de propriétaires. Quand un véhicule a changé plusieurs fois de mains, des amendes antérieures non soldées peuvent ressurgir. Le BSACP aide à déterminer à quelle période les infractions ont été commises et donc quel ancien propriétaire est redevable.
Le troisième cas touche les véhicules destinés à la destruction. Un certificat de situation administrative de moins de 15 jours est requis même pour remettre un véhicule à un centre VHU (véhicule hors d’usage). Si une opposition bloque la procédure, le BSACP permet d’identifier rapidement les amendes à régler.

Demande de bordereau de situation amendes : démarches auprès du Trésor public
La demande de BSACP s’adresse à la trésorerie dont dépend le propriétaire du véhicule. Cette démarche n’est pas centralisée sur le site de l’ANTS ni sur Histovec, contrairement au CSA.
- Préparer une copie du certificat d’immatriculation du véhicule
- Joindre une pièce d’identité du demandeur
- Adresser la demande à la trésorerie compétente (par courrier ou en se rendant sur place selon les services disponibles)
- Le bordereau récapitule les amendes enregistrées, leur statut (payée, due, majorée) et les éventuelles oppositions transmises
Le BSACP n’est pas disponible sur les plateformes habituelles de démarches automobiles en ligne. Cette particularité explique en partie la confusion avec le CSA, que la plupart des guides de vente de véhicule mentionnent seul.
CSA ou BSACP : quel document protège réellement l’acheteur
L’acheteur d’un véhicule d’occasion a besoin du CSA pour vérifier l’absence de gage et d’opposition. Ce document lui garantit que la vente peut aboutir et qu’il obtiendra son certificat d’immatriculation.
Le BSACP, lui, ne protège pas directement l’acheteur dans le cadre de la transaction. Il sert surtout au vendeur pour anticiper et résoudre un blocage avant de mettre le véhicule en vente. Un vendeur qui découvre une opposition sur son CSA a tout intérêt à demander un BSACP pour comprendre l’origine des amendes et les régulariser.
En pratique, la majorité des ventes de véhicules d’occasion se déroulent sans que le BSACP soit nécessaire. Le document ne devient pertinent que lorsque le CSA révèle une anomalie liée à des amendes impayées, ou lorsque le vendeur souhaite prouver sa bonne foi face à des infractions contestées.

