Avec l’âge, la vie évolue et vos besoins aussi. La perte d’autonomie et de dépendance entraîne souvent des coûts importants, parfois difficiles à assumer avec une pension de retraite comme ressource unique. Afin de réduire les coûts liés à l’entretien et au logement, de nombreuses agences offrent une aide financière aux retraités et aux personnes âgées, adaptées à chaque situation.
All ergo a fait le point et vous donne une liste non exhaustive des différentes aides financières auxquelles vous pourriez avoir droit.
NB : Nous mentionnerons à plusieurs reprises le RIF. Kezako ? « L’IRM est le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée. Il est calculé à partir de l’évaluation effectuée à l’aide de la grille AGGIR. » En savoir plus sur le RIF (site Web du gouvernement)
APA : Allocation personnalisée d’autonomie
L’APA est la principale aide financière pour les personnes âgées en situation de dépendance. À domicile : elle prend en charge une partie des dépenses qui permettent de continuer à vivre chez soi malgré la perte d’autonomie : repas adaptés, aide à la toilette, équipements spécifiques, accompagnement de jour, déplacements. En établissement : elle contribue au financement d’une partie du tarif appliqué en EHPAD ou en USLD.
Pour obtenir l’APA, plusieurs conditions sont à remplir :
- avoir au moins 60 ans,
- être confronté à une perte d’autonomie qui rend l’aide quotidienne indispensable,
- présenter un RIF évalué entre 1 et 4,
- résider en France, avec une situation régulière et stable en cas de nationalité étrangère.
C’est le conseil départemental qui verse cette aide. Le dossier de demande s’obtient auprès du CCAS de la commune, au conseil départemental ou dans un point d’information local dédié aux seniors.
Aide fiscale : Réduction d’impôt et crédit d’impôt
Pour les contribuables : la réduction d’impôt prend en charge jusqu’à 2 500 euros maximum par personne pour les frais d’hébergement et de dépendance, après déduction de l’APA et des aides au logement. Un point à noter : seuls les frais liés à la dépendance ouvrent droit à cette réduction, les frais d’hébergement seuls ne suffisent pas.
Pour ceux qui ne paient pas d’impôt : le crédit d’impôt est accessible depuis l’imposition 2017, si vous faites appel à un service d’aide à domicile ou employez directement une aide à domicile. Ce crédit équivaut à 50 % des dépenses annuelles engagées pour l’aide à domicile, déduction faite de l’APA et des autres soutiens reçus.
Aide au logement : APL, ALS et ASH
L’APL (Aide personnalisée au logement) et l’ALS (Allocation de logement social) sont destinées à alléger le coût du logement pour les personnes âgées, que ce soit à domicile ou en établissement. Si votre logement est conventionné, vous pouvez bénéficier de l’APL ; dans le cas contraire, l’ALS prend le relais. Il n’est pas possible de cumuler ces deux aides. Pour estimer vos droits, une simulation en ligne sur le site de la CAF est conseillée. La demande s’effectue auprès de la CAF ou du MSA, selon votre régime.
L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) s’adresse aux personnes hébergées en résidence autonomie, EHPAD ou USLD disposant de places habilitées. Cette aide, attribuée par le conseil départemental, s’obtient après dépôt d’un dossier auprès du CCAS de la commune.
Les conditions d’accès :
- avoir plus de 65 ans (ou plus de 60 ans en cas d’inaptitude reconnue au travail),
- résider en France et justifier d’une situation régulière pour les personnes étrangères,
- disposer de ressources inférieures au montant des frais d’hébergement.
Aides de la Caisse de retraite CNAV : ASPA, ARDH et aide à l’amélioration du logement
ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées)
L’ASPA, qui a remplacé le minimum vieillesse depuis 2006, est destinée aux retraités disposant de faibles ressources. Elle complète les revenus jusqu’à un plafond fixé par la réglementation.
Pour en bénéficier, il faut :
- avoir au moins 65 ans,
- ou atteindre l’âge légal de la retraite en cas d’inaptitude ou d’invalidité permanente d’au moins 50 %,
- ne pas dépasser un seuil de ressources variable selon la situation familiale (voir les barèmes officiels),
- vivre en France au moins 6 mois par an.
L’ASPA est versée par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), ou la MSA pour le régime agricole. Les dossiers de demande s’obtiennent auprès de ces organismes ou de la mairie si vous ne touchez pas de pension.
ARDH (Aide au retour à domicile après hospitalisation)
L’ARDH apporte un soutien temporaire, jusqu’à 3 mois, suite à une hospitalisation, afin d’adapter le cadre de vie et d’accompagner la convalescence des personnes âgées.
Conditions à remplir :
- être retraité de plus de 55 ans,
- relever du régime général de Sécurité sociale,
- ne pas percevoir une aide équivalente (APA, etc.),
- être classé en GIR 5 ou 6 (ou RIF correspondant),
- ne pas dépasser les plafonds de ressources définis par la CNAV.
La demande doit être déposée auprès de la CNAV au moins 24 heures avant la sortie d’hospitalisation.
Aide aux travaux d’amélioration de l’habitat
Les retraités du régime général peuvent solliciter une aide pour adapter ou améliorer leur logement (isolation, accessibilité, hygiène…), dans le but de rester autonomes plus longtemps. Cette aide n’est pas compatible avec la perception de l’APA, de la PCH, PTCA, PSG, de l’allocation de veuvage, ni avec une hospitalisation à domicile.
À retenir : si l’APA n’est pas accessible, votre caisse de retraite peut intervenir. Prendre contact avec elle permet de faire le point sur vos droits. Toutes les informations sont disponibles sur le site de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) et de l’Assurance Retraite.
Aides des caisses de retraite complémentaires : AGIRC-ARRCO, IRCANTEC
Les caisses de retraite complémentaires, telles qu’AGIRC-ARRCO ou IRCANTEC, ont pour vocation d’augmenter le montant de la pension de base. Selon la situation sociale, elles peuvent financer une aide ménagère, la présence d’un auxiliaire de vie ou des travaux d’adaptation du domicile, parfois sous forme de prêt. Prendre contact avec votre caisse de retraite complémentaire reste la meilleure façon de connaître précisément vos droits.
Le chèque emploi service universel (CESU)
Le CESU permet de rémunérer facilement les prestations d’aide à domicile, sans s’encombrer de démarches administratives ni de calculs compliqués de cotisations sociales. Il est encaissable directement par la personne qui effectue la prestation. Ce chèque peut être financé partiellement ou totalement par votre caisse de retraite complémentaire. Plus d’informations sur le CESU ici ou via le site officiel du service à la personne.
Aides aux dépenses de santé : CMU-C et ACS
L’Assurance Maladie a conçu des dispositifs de soutien pour faciliter l’accès aux soins des personnes aux revenus modestes.
La CMU-C (Complémentaire santé solidaire) offre une prise en charge totale des soins sans avance de frais. Pour en bénéficier, il faut résider en France de façon stable et régulière depuis plus de trois mois, avec des ressources inférieures au plafond en vigueur.
L’ACS (Aide au paiement d’une complémentaire santé) s’adresse à ceux dont les ressources dépassent légèrement celles requises pour la CMU-C. Elle se traduit par un chèque d’un montant de 550 euros pour les plus de 60 ans, destiné à financer une mutuelle santé agréée.
Vieillir ne se résume pas à additionner des obstacles administratifs. Derrière chaque aide, il y a des choix, des portes qui s’ouvrent ou se ferment selon les situations de chacun. S’informer, demander, insister parfois, c’est aussi préserver sa liberté de vivre et d’avancer à son rythme. Les dispositifs existent, à chacun d’en tirer le fil pour que l’âge ne soit pas synonyme d’isolement ou de renoncement.



