Comprendre les principaux types d’ordre en bourse aujourd’hui

Oubliez tout ce que vous savez sur la simplicité des marchés financiers : la réalité, c’est un terrain miné de subtilités où chaque type d’ordre ouvre la porte à une mécanique précise, parfois déroutante. Pour ceux qui veulent placer une commande en bourse ou sur le Forex, mieux vaut ne pas se perdre dans les définitions approximatives. Voici un guide franc, sans jargon inutile, pour décoder les différents ordres et éviter les pièges classiques.

Types de commandes en bourse et sur Forex

Petit rappel : il existe plusieurs façons de transmettre un ordre en bourse. Maîtriser ces outils, c’est éviter les erreurs à la saisie et protéger ses positions, notamment grâce aux fameux stop loss. Tour d’horizon des principaux ordres à connaître, chaque option joue un rôle distinct, à activer selon votre stratégie et votre tolérance au risque.

Définitions des conditions préalables pour les ordres boursiers

Quand vous transmettez un ordre, il ne s’exécute pas automatiquement. L’exécution suppose qu’une contrepartie accepte la transaction. Exemple concret : vous achetez des actions, il faut que quelqu’un de l’autre côté soit prêt à vendre. Certains ordres restent donc parfois partiellement ou totalement non exécutés. Tant qu’il n’a pas été validé, un ordre peut d’ailleurs être annulé à tout moment.

Les différences entre ordres en bourse et sur le Forex existent, mais dans les grandes lignes, les principes restent stables. Le chemin d’un ordre passe par plusieurs étapes, encadrées par des protocoles précis. Les professionnels, eux, déploient parfois des robots de trading capables d’envoyer et de retirer des ordres à une cadence folle, l’objectif : repérer les intentions du marché, capter l’information et prendre l’avantage.

Après exécution, un achat ouvre une position longue, tandis qu’une vente à découvert crée une position courte. Deux manières opposées de miser sur la direction du marché.

Informations à renseigner lors d’une commande

Au moment de passer un ordre, plusieurs informations doivent être précisées pour garantir une exécution conforme :

  • Nature de l’opération
  • Nom de la valeur
  • Code de la valeur
  • Méthode de règlement
  • Quantité de titres
  • Prix
  • Date de validité (jour, mois, ou “révoqué” pour une validité illimitée)
  • Type d’ordre

Chacune de ces données pèse sur la manière dont votre ordre sera traité.

Commandes classiques

Ordre au marché

L’ordre au marché, c’est la recherche d’exécution immédiate, à condition que le carnet d’ordres soit suffisamment fourni. Sur le Forex, un achat (long) s’effectue au prix ASK, une vente au BID. Supposons une fourchette de 102,1 (BID) à 102,2 (ASK) : acheter revient à payer 102,2, vendre signifie céder à 102,1. Sur actions, l’exécution peut se faire en plusieurs fois selon la liquidité disponible.

Ordre à cours limité

Un ordre à cours limité vous permet de fixer un prix maximum d’achat ou minimum de vente. Pour un achat, la limite doit être sous le cours du marché ; pour une vente, au-dessus. C’est l’outil idéal pour viser un meilleur prix, au risque d’avoir un ordre non exécuté ou partiellement servi si la liquidité n’est pas suffisante. Sur le Forex, le fournisseur (vendeur) déclenche l’ordre quand l’ASK atteint la limite, côté client (acheteur), c’est lorsque le BID touche le seuil fixé.

Ordre à la meilleure limite

Ce type d’ordre agit d’abord comme un ordre au marché. Mais si toute la quantité n’est pas exécutée faute de liquidité, le reliquat devient un ordre à cours limité, avec la limite fixée au premier prix d’achat obtenu. Un compromis pour qui veut aller vite sans renoncer à un minimum de maîtrise sur le prix.

Ordre à seuil ou plage de déclenchement

L’ordre à seuil s’active uniquement lorsqu’un seuil prédéfini est atteint : au-dessus du cours actuel pour un achat, en-dessous pour une vente. La version “plage de déclenchement” ajoute une limite maximale d’exécution, afin d’éviter d’acheter à n’importe quel prix lors d’un mouvement brutal (par exemple, une ouverture en hausse de 10 %).

Dans le cadre d’une vente, ce type d’ordre sert souvent de stop loss : un outil de protection qui permet de conserver les gains ou de limiter les pertes. S’il survient un accident de parcours, la position est liquidée automatiquement à un niveau préalablement défini.

Ordre suiveur

L’ordre suiveur, ou trailing stop, se révèle précieux pour ceux qui veulent accompagner l’évolution d’un titre tout en sécurisant progressivement leur position. Il s’agit d’un stop loss dynamique : vous fixez une distance (en points ou en pourcentage) par rapport au prix. Si le titre grimpe, le niveau de stop remonte d’autant. Si le prix recule, le stop reste inchangé : la protection s’active dès que le marché revient sur le seuil, mais n’abandonne pas les gains accumulés en chemin.

Spécificités du Forex

Sur le Forex, il est possible de paramétrer simultanément un objectif de gain (TP : Take Profit) et une protection contre la perte (SL : Stop Loss) dès l’ouverture d’une position. Le courtier prend alors le relais pour sortir automatiquement du marché si l’un des deux niveaux est atteint.

Commandes spéciales

Ordres tactiques

Certaines plateformes, comme Boursorama, proposent des ordres tactiques combinant plusieurs conditions. Ces outils avancés permettent de programmer des scénarios complexes, conçus pour s’adapter à toutes les situations de marché.

Ordre séquentiel à 2 pattes

Ce type d’ordre combine deux opérations opposées sur la même valeur : la seconde n’est envoyée sur le marché qu’après l’exécution de la première. Par exemple, après l’achat d’un titre, un stop loss peut être automatiquement placé pour encadrer le risque. Cette mécanique est surtout utilisée sur les marchés actions, le Forex permettant quant à lui de définir TP et SL dès le départ.

Ordre alternatif à 2 pattes

Dans cette configuration, deux ordres sont envoyés simultanément, mais l’exécution de l’un annule l’autre (logique OCO, “One Cancels Other”). Une méthode classique consiste à placer un ordre d’achat stop et un ordre de vente stop de part et d’autre d’une zone de trading. L’un des deux se déclenche, l’autre disparaît, ce qui permet de réagir aussitôt à une sortie de range sans prise de risque inutile sur le sens du mouvement.

Triple commande

Certains courtiers autorisent des combinaisons plus élaborées encore, comme l’ordre à trois pattes : après l’exécution d’un premier ordre, un ordre alternatif à deux pattes (OCO) prend le relais. C’est le reflet de ce que l’on retrouve sur le Forex avec TP et SL, où les ordres de clôture ne s’activent qu’en cas d’ouverture effective de la position. Chez Boursorama, on peut même pré-programmer des ordres via un mini-script pour gagner du temps lors d’une opération urgente.

Commandes très complexes

Les investisseurs institutionnels et traders chevronnés ont accès à des ordres bien plus sophistiqués, conçus pour répondre à des situations spécifiques. Interactive Brokers, par exemple, propose une panoplie de commandes avancées pour s’adapter à chaque stratégie. Parmi les possibilités, on retrouve :

  • Optimisation du prix d’achat
  • Accélération de l’exécution
  • Réduction du risque
  • Discrétion sur le marché

Côté jargon, cela donne : Arrival Price, Auction, Balance Impact and Risk, Basket, Block, Dark Ice, Box Top, Fill or Kill, Hidden, Iceberg, Scale, Snap to Primary, TWAP, VWAP, Best Efforts… Autant de leviers pour affiner la gestion d’une opération, gagner en rapidité ou brouiller les pistes face aux autres acteurs.

Le monde des ordres boursiers, c’est un jeu d’équilibriste où chaque détail compte, du simple ordre au marché aux scripts les plus complexes. Savoir choisir le bon outil, c’est transformer la volatilité en opportunité, et ne plus subir les soubresauts du marché, mais en faire une force.

Image : Stuart Miles, FreeDigitalPhotos.net

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