Certains chiffres défient la logique : en 2023, malgré une loi fédérale restrictive, près de 10% des transactions résidentielles à Montréal ont impliqué des acheteurs étrangers. Le Canada, réputé pour ses grands espaces et ses villes accueillantes, ne déroule plus systématiquement le tapis rouge aux investisseurs venus d’ailleurs.
Au Québec, la porte n’est pas totalement fermée aux résidents temporaires. Posséder un permis d’études ou de travail valide ouvre la possibilité d’acheter une propriété, sous conditions. La loi fédérale, entrée en vigueur en 2023, a resserré la vis : elle interdit l’achat de maisons par certains étrangers, mais prévoit des exceptions. Les réfugiés ou ceux qui amorcent le processus vers la résidence permanente bénéficient ainsi de dérogations. Cela dit, ce filet de sécurité ne s’applique pas à tous et chaque situation doit être examinée à la loupe.
Les règles d’accès à la propriété varient à la fois selon la provenance, le type de permis détenu, ou encore la durée du séjour au Canada. Certaines villes vont plus loin, imposant des taxes spécifiques aux non-résidents même s’ils cochent toutes les cases au niveau fédéral. Naviguer dans la paperasse administrative demande une organisation rigoureuse et une solide connaissance des particularités locales.
Qui peut réellement acheter une maison au Québec ? Résidents, non-résidents et restrictions à connaître
Acquérir une maison au Canada n’a rien d’automatique. Citoyens canadiens, résidents permanents et quelques résidents temporaires disposant d’un permis d’études ou de travail en règle peuvent se lancer dans l’aventure immobilière au Québec. Depuis 2023, la loi fédérale restreint nettement l’accès aux acheteurs étrangers. Ceux qui disposent d’un permis valide devront prouver leur statut, fournir la documentation adéquate et parfois justifier leur projet.
Quant aux non-résidents et étrangers, l’achat d’une maison demeure soumis à de fortes restrictions. Hors exceptions (réfugiés, conjoints de résidents permanents, personnes en processus d’immigration), l’accès est verrouillé. À chaque dossier, l’administration vérifie la provenance des fonds, la durée et le motif du séjour, et la cohérence du projet d’achat.
Les provinces et les villes ajoutent leur grain de sel : Montréal applique une taxe additionnelle pour les acquéreurs étrangers. Cette mesure vise à refroidir la spéculation et préserver le marché local.
Pour les Français ou tout ressortissant européen, la règle s’applique sans distinction : sans statut légal reconnu au Canada, impossible d’acheter. Seuls les détenteurs d’un permis valable ou les personnes engagées dans une démarche de résidence peuvent prétendre acquérir un bien. L’Ontario et la Colombie-Britannique adoptent des mécanismes comparables. Mieux vaut donc bien connaître sa situation avant de se lancer.
Le parcours d’achat immobilier expliqué simplement : des premières recherches à la signature
Se lancer dans l’achat d’une maison au Québec commence toujours par une étape incontournable : déterminer son budget. Le marché immobilier, parfois sous tension, oblige à cibler le type de propriété recherché. Voici les catégories principales à considérer :
- maison individuelle
- logement en copropriété
- maison mitoyenne
Comparez les prix au mètre carré, étudiez les quartiers, renseignez-vous sur l’offre de services à proximité. La recherche débute souvent sur Internet, mais rien ne remplace une visite sur place pour juger l’état du bien et de son environnement.
Vient ensuite le choix de l’accompagnement : opter pour un courtier immobilier ou agir en direct ? La commission, généralement autour de 4 à 5 % du prix d’achat, peut parfois se négocier. L’agent guide ses clients pour formuler une offre d’achat cohérente, adaptée au contexte du marché. Attention, la promesse d’achat est engageante, mais la vente ne sera définitive qu’après plusieurs étapes de vérification : inspection des lieux, validation du financement, analyse des documents.
Pour s’y retrouver, voici les principaux jalons à franchir :
- Recherche et sélection du logement
- Visite approfondie et évaluation
- Rédaction et dépôt de la promesse ou de l’offre d’achat
- Inspection technique du bâtiment
- Vérification de l’obtention du prêt hypothécaire
- Signature finale chez le notaire
En copropriété, le syndicat des copropriétaires fournit des pièces essentielles : procès-verbaux récents, budget prévisionnel, règlement intérieur. L’acte de vente, signé chez le notaire, officialise le transfert de propriété après virement des fonds et remise des clés. Au Québec, la rigueur administrative encadre chaque étape afin de protéger toutes les parties.
Quels documents et démarches prévoir pour éviter les mauvaises surprises ?
Constituer un dossier complet, c’est la première garantie d’un achat serein. Avant toute visite, réunissez ces pièces : fiches de paie, derniers avis d’imposition, relevés bancaires. Les banques québécoises examinent attentivement la capacité d’emprunt. Le prêt hypothécaire sera souvent la clé de voûte du projet : taux, durée, conditions… chaque point mérite votre attention. Il n’est pas rare que la banque exige une expertise indépendante du bien pour valider le montant du prêt.
Il faut aussi anticiper la taxe de bienvenue, version québécoise des droits de mutation. Son montant dépend du prix d’achat et de la commune. Ajoutez à cela les frais de notaire, d’inspection, sans oublier l’assurance habitation dans le calcul global du budget d’acquisition. Une maison implique aussi des frais récurrents : taxes foncières, charges d’entretien, et parfois syndic de copropriété.
Avant de passer chez le notaire, vérifiez systématiquement ces points :
- Certificat de localisation récent
- Procès-verbaux du syndicat (pour la copropriété)
- Rapport d’inspection complet
- Montant éventuel des revenus locatifs si la propriété est louée
Pour les étrangers, il faudra présenter une preuve de résidence (temporaire ou permanente) et justifier la provenance des fonds. Certaines provinces réclament une déclaration spéciale sur l’origine du capital investi. Au moment de l’acte de vente, le notaire contrôle la validité de chaque document avant la transaction définitive.
Pourquoi s’entourer de professionnels fait toute la différence dans votre projet immobilier
Le marché immobilier québécois ne tolère pas l’approximation. Les règles, parfois déroutantes, laissent peu de place à l’improvisation. Entre les subtilités juridiques, les réglementations municipales et la commission du courtier immobilier, chaque détail peut peser lourd. Un courtier immobilier acheteur apporte un filet de sécurité : il analyse le marché, négocie les prix, filtre les annonces en fonction de votre situation, et détecte les offres douteuses.
Le notaire orchestre l’acte de vente, veille à la régularité du transfert de propriété, contrôle la chaîne des titres, la validité du certificat de localisation, et s’assure qu’aucune hypothèque ou servitude ne vienne troubler la transaction. Sa vigilance protège les deux parties.
Voici les principaux alliés à mobiliser :
- Un agent immobilier pour optimiser la négociation
- Un notaire pour sécuriser la transaction et rédiger l’acte de vente
- Un inspecteur en bâtiment pour lever le voile sur d’éventuels défauts
Sans ce trio, le risque d’erreur grimpe : offre mal rédigée, clause floue, ou estimation fausse des frais récurrents. Le succès d’un achat maison Québec tient à la rigueur de l’accompagnement. S’entourer de professionnels, c’est ouvrir la porte à des conseils avisés, à des réseaux privés, et à des solutions de financement sur-mesure. Acheter une maison au Canada, c’est avant tout un projet d’équipe. Et parfois, une aventure qui change tout le cours d’une vie.


