Pourquoi opter pour un taux variable pour son hypothèque au Canada

Un contrat hypothécaire à taux variable ne tient pas en place. Il évolue, s’adapte, suit le mouvement des marchés, et c’est justement ce qui fait toute sa singularité. Pourtant, la majorité des Canadiens continuent de s’orienter vers la sécurité du taux fixe, sans vraiment prendre le temps d’explorer ce que propose l’alternative variable. Des économistes experts se sont penchés sur le sujet : taux variable ou fixe, que choisir ? Et leur verdict ne laisse guère de place au doute : sur la durée, le taux variable surpasse souvent le taux fixe pour celles et ceux qui souhaitent optimiser leur emprunt.

Un taux hypothécaire avantageux sur le long terme

Ce qui saute aux yeux, c’est la capacité du taux variable à alléger la facture finale : versements plus bas, intérêts réduits. Avec ce type de prêt, chaque fluctuation du taux directeur de la Banque du Canada a un impact direct sur le montant à rembourser. Quand le taux directeur baisse, vos paiements suivent cette tendance. À l’inverse, en cas de hausse, la mensualité grimpe. Mais, sur la durée d’un contrat hypothécaire, nombreux sont ceux qui constatent une économie réelle sur les intérêts versés. Ce mécanisme ne donne pas la main à l’emprunteur pour influencer le taux au fil de l’eau, mais il offre une véritable opportunité de bénéficier des cycles favorables du marché.

Il faut savoir que si le taux variable de votre crédit n’est pas directement calqué sur le taux préférentiel de votre banque, il en dépend largement, car ce dernier évolue au rythme du taux directeur décidé par la Banque du Canada. Voilà pourquoi, sur plusieurs années, le taux variable affiche souvent un bilan positif pour l’emprunteur.

Un taux de départ plus bas

Au moment de signer un prêt hypothécaire au Canada, la tentation du taux fixe est grande : sa stabilité rassure, chaque mensualité est identique à la précédente. Mais il faut regarder les chiffres en face : le taux fixe démarre le plus souvent au-dessus du taux variable. Ce choix de la régularité se paie donc dès la première échéance.

En misant sur un taux variable, on commence généralement avec des mensualités plus légères. Et ce bénéfice ne s’arrête pas là. Grâce aux ajustements périodiques du taux préférentiel des banques, qui suivent le rythme du taux directeur de la Banque du Canada, révisé plusieurs fois chaque année,, l’emprunteur a de bonnes chances de profiter, au fil du temps, de baisses supplémentaires. En moyenne, un taux variable peut être ajusté jusqu’à huit fois par an. Une dynamique qui multiplie les occasions de réaliser des économies substantielles.

Le taux variable : les issues de secours

Le marché immobilier canadien n’offre aucune certitude. Ni économiste ni courtier ne peut prédire avec exactitude la trajectoire à venir des taux. Les derniers mois ont été marqués par des hausses répétées du taux directeur de la Banque du Canada. Certains experts voient poindre un retournement à l’horizon 2023, d’autres préfèrent rester sur la réserve.

Face à cette volatilité, le taux variable s’ajuste à la conjoncture, sans jamais garantir la stabilité. Pourtant, sur la durée, il continue de montrer sa capacité à générer des économies par rapport au taux fixe. Les banques canadiennes, conscientes des réticences suscitées par cette incertitude, proposent désormais des formules adaptées à différents profils d’emprunteurs. Voici quelques variantes que l’on trouve sur le marché :

  • Les prêts hypothécaires à taux mixte, qui combinent une partie à taux fixe et une autre à taux variable, pour répartir les risques si les taux s’envolent.
  • Les crédits variables assortis d’un plafonnement, qui limitent la hausse potentielle du taux.
  • Les prêts à taux variable à paiements fixes, où le taux évolue mais les mensualités restent identiques, offrant un compromis entre flexibilité et prévisibilité.

En définitive, opter pour un taux variable, c’est accepter une part d’inconnu pour miser sur une trajectoire potentiellement plus avantageuse. La route n’est jamais rectiligne, mais ceux qui savent lire entre les lignes du marché peuvent en sortir gagnants, là où d’autres achèvent leur prêt avec la sensation d’avoir payé le prix fort pour un confort illusoire. À chacun de peser le jeu des possibles. Qui sait, la prochaine décision de la Banque du Canada pourrait bien changer la donne pour des milliers d’emprunteurs.

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